Chabata bata chabata bata....

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On a presque envie de dire que le crime est signé. Lorsque Le Matin du Sahara consacre son sujet principal de Une et deux pleines pages à l'interview d'un responsable politique, c'est que le bougre est dans les petits papiers du palais.  Hamid Chabat, nouveau secrétaire général du parti de l'Istiqlal a pu déployer sa « pensée » politique.Un véritable festival. Les années de plomb ? Elles se sont terminées en 1975. Le printemps arabe ? Un complot occidental (Encore heureux qu'il n'ait pas cité le pamphlet antisémite « le protocole des sages de Sion » comme il l'avait déjà fait en 2011).  Au-delà d'exposer un peu plus la déchéance du parti de l'Istiqlal, l'entretien démontre à ceux qui en doutaient encore qu'Hamid Chabat n'a pas été élu à la tête de son parti pour rendre la tâche facile à Abdelilah Benkirane.


A lire ses saillies contre la politique de l'équipe Benkirane, il est difficile de croire que le maire de Fès dirige un parti faisant partie de la majorité gouvernementale. Point intéressant, Chabat ne se lasse pas de répéter que le gouvernement Benkirane a présidé à une hausse du coût de la vie, notamment de l'essence. Il faut rappeler ici que la réduction des dépenses de compensation revêt aujourd'hui une importance vitale pour la santé budgétaire et économique du pays. On peut critiquer le séquencement choisi par le gouvernement dans la réforme du système de compensation. -Ne fallait-il pas accompagner la hausse des prix de l'essence par l'octroi d'aide directe aux tranches de la population les plus défavorisées, plutôt que d'attendre plus d'une année comme le gouvernement Benkirane promet de le faire ? Mais l'idée de la réforme de la caisse de compensation avec ces deux volets - décompensation puis aides directes à ceux qui on en le plus besoin - est une absolue nécessité, et le gouvernement Benkirane n'a d'autres choix que de la mettre en œuvre.


Chabat ne se limite pas à critiquer la réforme de la caisse de compensation. Il affirme aussi qu'elle relève de l'INDH. Pourquoi insiste-t-il sur l'implication de l'INDH, initiative intimement liée au palais ?  Peut-être parce que la prochaine étape de la reforme risque de booster la popularité du gouvernement, et donc du PJD, au-delà de l'acceptable : si l'équipe Benkirane tient ses promesses, ce sont plusieurs millions de marocains qui recevront une aide financière directe de l'Etat. Que le gouvernement en prenne seul le crédit dépasse le seuil de tolérance du Makhzen.


Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que la monarchie a accepté l'arrivée du PJD à la tête du gouvernement de gaieté de cœur. Quand Benkirane loue la qualité de ses relations avec le roi ou le soutien de celui-ci à son gouvernement, il est plus dans la méthode Coué. Les tenants de l'autoritarisme monarchique ont accueilli l'arrivée du PJD comme le cancéreux accueille une chimiothérapie. Une thérapie débilitante mais nécessaire parce que de dernier recours.


Pour limiter la nocivité du remède, la monarchie se sait protégée par deux lignes de défense majeures. La première est une constitution qui lui sauvegarde de larges prérogatives. La deuxième est la composition de la majorité gouvernementale.  Que pouvait craindre le makhzen d'un gouvernement composé du MP de Mohand Laenser, du PPS de Nabil Benabdallah et de l'Istiqlal d'Abbes El Fassi ?  Pas grand-chose. Mais voilà, même si le PJD s'était choisi comme secrétaire général son membre le moins farouche à l'égard de la  monarchie (si ce n'est le plus obséquieux), la démocratie interne du parti de la lampe et son enracinement populaire relatif faisaient courir un risque qu'il fallait tout de même circonscrire.


Pour y parvenir, l'aimable domesticité de l'Istiqlal version Abbes El Fassi n'y suffisait plus. Il fallait un leader qui dépasse Benkirane dans le populisme et l'impudence. Ce sera Chabat.


Le postulat sur lequel est basé le système politique actuel est que la coexistence de l'autoritarisme monarchique et d'une élite politique issue de la volonté populaire est censée apporter la bonne gouvernance et la stabilité. Déjà, les exemples abondent de l'impuissance du gouvernement Benkirane devant les groupes d'intérêts alliés de l'autoritarisme monarchique. L'exonération générale des règles de transparence en ce qui concerne les marchés publics passés par l'armée, en est l'exemple le plus récent. Le travail de sape entamé par les alliés politiques du palais, à l'instar de Hamid Chabat, souligne encore plus la futilité du postulat évoqué plus haut.    




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Commentaires   

 
+1 #1 youbovski1 03-01-2013 18:48
Au fait ! apres la parade de la nouvelle constitution .Le Makhzen de rendre sa vie facile en placant ces vraie hommes a la tete des parties politique aux hits parades consequents(Benkiran e,Chabat,Lachgar).Il oublie le proverbe :qui seme le vent recolte la tempete .
 
 
+1 #2 M .Alaoui yazidi 03-01-2013 21:19
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Le profil de Mr Chabat est une parfaite synthèse du gourou et du populiste. Ces deux qualités n'émergent pas ex nihilo; elles sont une réponse au syndrome de désenchantement social.La culture se sujétion qui demeure prégnante dans notre société , est le ferment du populisme, sa sève nourricière.Le populisme; c'est l'impérium de
l'émotion sur la réflexion.Un populiste est par définition irrationnel.Il ne cherche pas à convaincre ses disciples ou sa secte, mais à séduire..Assez souvent le charisme fait bon ménage avec le populisme.
Vivement la politique spectacle!
 
 
0 #3 Youssef 04-01-2013 01:36
Hi Boubker ,,, a very smart analysis ,,, you always give the best diagnosis ,,,, I hope meeting you soon
 
 
+1 #4 yacine 05-01-2013 13:57
bonne surprise de vous relire de nouveau..
 
 
+1 #5 jamais 05-01-2013 16:15
Qui séme le vent récolte la tempête (pour l'instant, les fassis servent de refouloir pour la populas) mais disons aussi attention au retour de manivelle
 
 
0 #6 taj 05-01-2013 18:59
Votre analyse est correcte. Et merci à vous.
Mais si vous pouviez rendre votre texte moins oral, ce serait un bonheur.

Au plaisir de vous relire
 
 
0 #7 Amar 06-01-2013 17:38
Enfin un journal tant attendu pour combler un grand vide des publications francophones crédibles. Pour ce qui est de l article, il met en plus claire ce que tous les marocains pensent. Ainsi dire l article porte bien la parole du peuple opprime.
Enfin je tiens à féliciter Ssi Boubker pour son retour avec meilleurs vœux pour le nouvel an 2013
Signe ancien lecteur du JOURNAL
 
 
-3 #8 Momo 06-01-2013 21:52
Tel pére tel fils.
Les analyses de M. B. Jamai, comme celles de M. K. Jamais il y a un temps, sont d'une banalité affligeante.
 
 
0 #9 Républicain 08-01-2013 14:58
Si le gouvernement Benkirane est en mesure de faire passer la loi sur la réforme de la caisse de compensation au Maroc, par l'octroi de 1000dh par mois aux familles les plus pauvres ( 7millions de personnes ), ce sera le premier jalon sur la route qui mènera notre pays hors des griffes de la tyrannie. C'est le glas qui sonnera la fin de la dictature dès le premier versement, parce que le palais ne pourra plus faire marche arrière et garder cet argent, comme il le faisait auparavant. 1000dhx7millions = 700 milliards par mois !!
Si le gouvernement en parle, c'est cet argent est disponible. Alors oû passait cet argent depuis 1956, disponible aujourd'hui pour le peuple ? Dans l'escarcelle du palais, bien entendu, dans les coffres en Suisse.
 
 
0 #10 le manifestant 11-01-2013 17:09
M.Jamei, je peux te dire que les signataires du manefeste du 11 janvier,qui ont commanés et dirigés le Maroc depuis l'indépendance.La preuve est claire car ils ont fait fortune,leurs enfants ont étdueis à l'étranger où moment ou moi et d'autres fils de pauvres sommes logés dans des écoles où des français nous inculqués les redementaires de la grammaire française,et les instituteurs marocains nous punissez care on n'a pas appris nos leçons.Au moment où le pays s'est débarrassé des étrangers,se sont les istiqlaliens qui ont pris la releve,et nous encore enfoncés dans la misère totale.Il faut reconnaître que le parti de Allal el fassi nous a bien marginalisé,et les adhérents de ce dernier se trouvent actuellement avec des grandes fortunes(abasse el fassi,sa famille,Fassi Fihri et consorts,et d'autres)mais quant à toi,tu nages dans les méandres des ordures de tes écrits car tu veux devenir le président d'une ré....publique comme feu Mohamed berrada.
 
 
0 #11 le manifestant 11-01-2013 17:17
Pour arriver à mettre les finances du pays à jour,une seule solution s'impose d'elle même.
-D'abord reveoir les salaires des hauts fonctionnaires,(civi ls et militaires,les parlementaires,les secrétaires d'état,les Walis,et Gouverneurs,pachas)l a dimunition des véhicules "M" et"J",qui circulent jour et nuit.Si les caisses de retraites sont vides,cest qu'il y a des fonctionaires qui ne payent leurs cotisations,ou qui ont empruntés de l'argent pour construire leur villas sans jamais remboursser ces denières.Pour quoi donc appauvrir un retraité qui a épuisé sa santé,sa jeunesse,son éducation au service de l'Etat,et se trouve du jour au lendemain avec une maigre solde.
Pourquoi les bénéficiaires des départs volontaires,se retrouvent re-engagés dans leurs anciens postes?Ils ont touvés des millions,et sont revenus par la petite porte.Un peu de logique,car personne n'a été enterré avec son ou sa fortune.
 
 
0 #12 samir botaguiya 15-01-2013 14:35
ya rien de creatif ds votre artile c est de la copie collé
 
 
+1 #13 mhamed 18-01-2013 15:15
heureusement que le ridicule ne tue pas, ce chabat se prend je ne sais pour qui, je pense que c'est un défi qui s'est donné pour si-disant s'imposer srtout imposer ses critères racistes et ss aucun fondement...il oublie qu'il fait partie de ce gouvernement..à mon avis il ne faut céder à son chantage..ça serait une victoire à ses yeux et aux yeux des ses partisans !!! on ne joue pas ici à placer les dominos là ou on souhaite!!! c'est toute une nation qui est impliquée
 
 
+1 #14 Adil 22-01-2013 17:49
M.Jamai on souhaiterait vous voir écrire chaque semaine et non pas de temps en temps, pour que ce site réussisse il faut l'alimenter régulièrement et ne pas laisser vos lecteurs à leur faim.
 
 
0 #15 benabboud mustapha 11-03-2013 12:41
peut-on parler de parti politique au maroc comme on parlerait du parti socio-démocrate en allemagne par exemple ,ce serait ce qu'on appelle "la prostitution de la langue "ou comme le dit un dicton populaire "mélanger la nourriture avec de la merde", au maroc où prédomine la mentalité tribale ce qu"on appelle "parti" est en réalité "une secte "ou mieux une "mafia",dirigée par des escrocs innofensifs pour le régime . ,
 

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